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French 79 : « se trouver une identité musicale est l’une des choses les plus dures à faire »

 

Citoyen engagé pour une industrie de la musique verte et plus durable, French 79 est aujourd’hui une référence du secteur des musiques électroniques, toujours à la pointe de son identité musicale. Portrait de ce Marseillais qui marie tous les genres. 

2 avril 2024

 

French 79

© Sacem & TRAX



Trois albums et une dizaine d’années de carrière. Le Marseillais Simon Henner, alias French 79 n’a plus besoin d’armes pour conquérir le monde des musiques électroniques. Mais dans son troisième album, il se souvient. Véritable hommage à la période adolescente, Teenagers se remémore ce moment où les sens, les envies et les émotions se mêlent et se mélangent dans un brouhaha loin d’être toujours intelligible. French 79, lui – remis depuis quelques années de l’adolescence – fait « de la musique électronique, tout simplement. » La qualité de sa musique n’est plus à prouver ni la puissance de ses productions et collaborations. Celui qui a montré ses talents de producteur auprès de Kid Francescoli ou Martin Mey, ceux de guitariste et chanteur dans Nasser et Husbands a construit sa carrière musicale avec sa propre identité malgré la difficulté à la trouver. « J’ai toujours eu un piano à la maison. J’étais un garçon assez classique mais j’aimais bien taper sur des trucs. Ça m’a amené à faire de la percussion au conservatoire. » Touche-à-tout, French 79 a commencé aussi par des instrus rap avant de rêver d’être guitariste. Instrument avec lequel il s’est accompli dans ses trois groupes de musique avant de penser à le faire en solo. « Au début, je n’avais pas d’ordinateur, tout était analogique. Je me mettais un peu en difficulté dans tous les sens du terme. Je voulais être seul sur scène sans ordinateur alors que je sortais d’un truc un peu plus confortable avec mes groupes », se rappelle-t-il.

 

« Il y a quelque chose dans la musique électronique française que les autres pays n’arrivent pas à faire »

 

Mais ça marche. En 2016, lorsqu’il sort son premier album Olympic,  le succès est au rendez-vous. Plusieurs dizaines d’années après celui de la French Touch : ceux de Daft Punk, Kavinsky, Justice (encore sur le devant de la scène avec un nouvel album à paraître en avril 2024). Depuis, 10% des 200 artistes les plus écoutés en France étaient rattachés à la musique électronique en 2020 selon un rapport de l’International Music Summit. « Il y a quelque chose dans la musique électronique française que les autres pays n’arrivent pas à faire », admet French 79. « Mais je ne saurai pas dire quoi, exactement. Ce serait trop facile de savoir exactement ce que c’est. » Cela vient peut-être du côté « un peu plus classieux de la musique. Des suites d’accord, des mélodies qui sont peut-être moins présentes dans la techno allemande. Ou alors, des rythmes un peu plus doux, plus filtrés, qui n’apparaissent pas dans la musique anglaise. » French 79, lui, n’a pas trop de manière de composer ou d’aborder un morceau : « ça m’arrive dès fois que ça arrive comme ça mais généralement, ça part d’une suite d’accords. J’enregistre et après je joue pendant un quart d’heure, puis vingt minutes. J’improvise, je réécoute l’enregistrement… c’est une ritournelle. »

Le Marseillais a quelques conseils à donner aux futurs artistes : « ne jamais trop faire écouter ce que l’on fait au début. Je pense que c’est une erreur de penser que les trois premiers morceaux que l’on fait sont bien. Il faut en faire trente, peut-être quarante avant d’en faire écouter un. » Autre entrainement : essayer de faire comme les artistes qu’on aime, au début. Le faire, oui, mais pour s’entraîner, apprendre à composer, à produire… Avec toujours comme objectif en tête : « ne pas faire la même chose que ce que l’on écoute. » En soi, se trouver sa propre identité musicale.